Portrait d'Erwin Ingold, fondateur du groupe de méditation de Ste-Ursule

 

« Ne pas aliéner la liberté de l’autre, mais le convaincre » : cette attitude a guidé Erwin Ingold durant toute son existence, tant dans l’enseignement que dans la pratique de la méditation. Habité par la passion de transmette, il n’a  cessé d’aider ceux qui lui étaient confiés à penser par eux-mêmes et à les inciter à l’ouverture.
 
Erwin naît en 1936 à Schattdorf (UR) d’un père horloger, puis ouvrier d’usine et d’une mère autrichienne. Il connaîtra à peine son frère, né treize ans plus tard. Après une enfance vécue « au rythme de la nature », il fréquente le collège d’Altdorf, puis suit des cours de français à Neuchâtel. La rencontre du frère Joseph, un maître d’école charismatique qui a connu les camps de concentration, l’a orienté vers le métier d’enseignant. Erwin obtient ensuite le baccalauréat à Lille.

 Il fait ses premiers pas dans l’enseignement à Neuchâtel, à l’école primaire – « mes plus belles années d’enseignement ». Il gagne Fribourg pour passer le diplôme de maître secondaire tout en enseignant à l’école du Belluard. A trente-neuf ans, Erwin est nommé directeur du Cycle d’orientation de langue allemande de la ville, un poste qu’il occupera vingt-quatre ans. Sa plus grande joie ? « Réussir à convaincre des parents des capacités de leur enfant et permettre ainsi à celui-ci de les développer ». Il s’inspire surtout d’Henri Pestalozzi et de Comenius.

 Retraité, Erwin peut consacrer plus de temps à la méditation selon Anthony de Mello, apprise à l’école d’Anand Nayak. Cette méditation consiste en la sadhana, l’attention au présent : « Il s’agit de quitter le mental, de lâcher prise, pour prendre conscience de mes sens. J’observe, j’accueille la réalité telle qu’elle est sans la juger. N’étant attaché à rien et repoussant rien, je suis en éveil ». Celui qui médite se sait en route, par un dépouillement parfois  douloureux, vers le plus profond de lui-même, loin de toute étiquette. Cette expérience, Erwin la transmet dans les groupes qu’il anime au Centre spirituel Sainte-Ursule à Fribourg et à Notre-Dame de la Route, maison de formation des jésuites à Villars-sur-Glâne. Et dans une Eglise qu’il voudrait plus ouverte et moins cléricale. Mais sa raison de vivre, c’est sa famille, ses enfants et ses huit petits-enfants : « Ils mes bousculent sans cesse et me disent le miracle de la vie ».

 

                               Geneviève SIMONE-CORNET - 2005