Textes

 

 

Méditation et prière

Texte proposé par Jean-Pierre Ducrest - Printemps 2012
En italique bleu, vous trouvez son interprétation.

Ce texte tiré du 2e livre de Samuel au chapitre 7, versets 1 à 5, de la traduction biblique de Louis Segond de 1910, m’évoque une proximité entre la démarche de la prière et celle de la méditation. Les lignes qui suivent le texte de la Bible en caractère gras, ne sont pas une exégèse, mais un commentaire sans prétention.

 

1. Lorsque le roi habita dans sa maison

Méditer, c’est s’arrêter dans sa maison, un lieu choisi et propice au lâcher prise.

et que l'Éternel lui eut donné du repos

Se reposer de toute agitation extérieure et intérieure, s’extraire de ce qui fatigue ou distrait intérieurement.

après l'avoir délivré de tous les ennemis qui l'entouraient,

Les ennemis sont les préoccupations, les agressions liées à soi et aux autres. Il est nécessaire de se délivrer de ces états d’esprits pour se rendre disponible à son intériorité.

 

2. il dit à Nathan le prophète : Vois donc ! J’habite dans une maison de cèdre, et l'arche de Dieu habite au milieu d'une tente.

Dans ces conditions de silence intérieur et extérieur, le méditant s’ouvre à une perception intérieure fine, à ses intuitions.

 

3. Nathan répondit au roi : Va, fais tout ce que tu as dans le coeur

La méditation fait taire le mental pour donner la parole à son cœur. Ce n’est pas le raisonnement du mental qui parle et qui pousse à agir, mais sa perception intime, son cœur.

 

4. La nuit suivante, la parole de l'Éternel fut adressée à Nathan :

Il est possible de méditer à tout moment, mais la nuit, au début ou à la fin de sa journée est souvent plus favorable.

 

5. Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle l'Éternel : Est-ce toi qui me bâtirais une maison pour que j'en fasse ma demeure ?

La méditation peut être athée ou se rapprocher de la prière. Dans ce cas, une place en son for intérieur est faite à Dieu. Le méditant tout comme le priant devient la demeure de Dieu. Bâtir une maison à Dieu, c’est prendre régulièrement le temps pour édifier son temple en soi-même en se mettant à l’écoute.

 

 

Un autre texte, tiré de la tradition bouddhique tibétaine, présente une analogie avec celui de Samuel. Ecrit au 14e siècle par un moine Gyalsé Thogmé (1295-1369), il illustre l’environnement propice à la méditation.

 

Dans les lieux solitaires

On n’a ni ennemi à vaincre

Ni famille à protéger

Ni supérieur à respecter

Ni serviteur à diriger

Qu’y a-t-il donc d’autre à faire,

Que de dompter son esprit ?